Les morceaux de verre explosés me présentent mon reflet.
Ai-je toujours eu ces cicatrices ?
Pourquoi mon visage est-il plus bleuté que beige ou rosé ?
Je ne sais pas.
Je m’en fous. Je caresse les pièces brisées. Elles se fondent en moi et m’embrassent. L’encre rouge coule encore. Je ris.
Et je tape.
Encore.
ENCORE.
ENCORE ET ENCORE.
Je m’effondre.
Les méandres de ma salle de bain me coupent encore plus.
Les méandres de mon âme se brisent encore plus.
Un des papiers qui me fait face me présente un énième poème. Je ne me souviens pas l’avoir écrit. Il me présente une autre vie. Un amour que j’ai peut-être ressenti. Mais je ne sais plus. Je ne m’y plie.
Alors j’arrache.
Encore.
Mes cheveux, ma peau.
Je regarde mon dos dans le peu de glace qui me l’autorise.
Mes grains de beauté sont tellement plus beau quand ornés de tels tatouages.
Alors j’attaque.
Encore.
Je frappe.
Encore.
Le rasoir au sol me fait juste sourire.
Les cachets éparpillés me font juste rire.
Les flammes qui commencent à s’allumer continuent mon délire.
Je crie sans savoir quoi. Sans même m’entendre. Sans même vivre. Et pourtant je n’ai jamais autant vécu.
L’extase attaque mes pores. Être en vie, je le suis. Finalement.
Je prend un nouveau morceau du miroir. Et mon sang. Et une nouvelle feuille. J’écris, par dessus les mots déjà effacés. J’écris sur le mur, quand de la place je ne peux plus en trouver. J’écris partout. Des mots. Je ne sais même pas lesquels. Ont ils seulement du sens ? Je sais juste qu’ils dansent.
Alors j’écris. ENCORE. Avec mon âme et mon corps. Ma chair est dans ces mots. Des papiers me présentent mes théories sur l’humanité. Je ne les lis même pas, mais je les aies oubliées. Je ne m’en préoccupe.
Je vomis. Je crois. Je ne sais plus. L’odeur acide se mélange avec celle âcre qui embaume déjà l’air.
J’ai froid. Et chaud. Je suis nue depuis longtemps, pourtant. Et de plus en plus vidée de peau.
Je souris. J’embrasse le feu. Je ris. Je crache sur la vie.
Comment j’ai pu finir ici ?
C’est sûrement ce que vont se demander les gens qui me trouveront, sans vie, des heures plus tard.